Le Déclenchement : Trouver la Positivité Même dans l’Inattendu

Si tu te prépares à un déclenchement, cet article n’a pas pour but de te décourager, mais plutôt de t’offrir une lueur de positivité. Il est tout à fait normal de ressentir un sentiment de perte ou de déception si ton accouchement ne se déroule pas comme prévu, notamment si tu avais envisagé un travail naturel et une partie à la maison. La déviation de ce scénario peut être perturbante, et il est possible que tes idées initiales sur un accouchement sans antidouleurs s’évanouissent dans tes pensées. Mais laisse-moi te rassurer : il est tout à fait possible de vivre un déclenchement de manière positive et enrichissante !

Il est crucial de ne pas se laisser abattre par l’idée que le déclenchement rend tout impossible ou que les contractions deviendront insupportables. J’ai eu le privilège d’accompagner de nombreuses mamans et d’être témoin de multiples histoires inspirantes de déclenchements. Dans ces récits, les mamans ont réussi à se sentir en contrôle, respectées dans leurs choix, et ont surmonté chaque vague de douleur une à une.

N’oublie pas que toute ta préparation, toute ta boîte à outils en gestion de la douleur, reste extrêmement précieuse, même lors d’un déclenchement. Ton savoir-faire et tes techniques sont toujours utiles, et le déclenchement ne change pas cela.

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Lorsque l’annonce d’un possible déclenchement se présente, il devient encore plus important de renforcer ta boîte à outils et de nourrir ton esprit d’énergie positive avant le grand jour.

Pour t’encourager et t’inspirer, voici un récit de naissance qui démontre brillamment la capacité d’adaptation des mamans, peu importe leur plan initial. J’espère que cette histoire te donnera du courage et te rappellera que, même face à l’inattendu, il est possible de vivre un accouchement épanouissant et positif.

Récit de naissance : un déclenchement unique et inspirant!

Après neuf mois merveilleux de suivi à la Maison de Naissance du Lac St Louis,
j’avais imaginé avec bonheur l’arrivée de mon bébé, entourée de calme et de douceur.
Mais le samedi 10 octobre 2020 au matin, à 38 semaines pile, c’est la douche froide
lorsque les premiers signes de pré-éclampsie font leur apparition. Le verdict tombe :
déclenchement à l’hôpital! De manière éclairée, nous décidons de prendre la journée
du samedi et de revenir seulement le soir.

À 19 heures, nous sommes de retour à l’hôpital. Assez rapidement, nous
déconnectons du monde extérieur pour mieux nous connecter à bébé. Nous faisons le choix stratégique de ne pas aviser nos proches. À 22 heures, le ballonnet est installé pour préparer l’ouverture du col de manière mécanique. On souhaite se donner toutes les chances de lancer le travail avant de débuter l’ocytocine de synthèse. C’est une bonne première entrée en matière pour la gestion de la douleur grâce à quelques premières contractions, mais rien de bien plus. On se repose.


Le dimanche 11 octobre au petit jour, à 5 h, nous acceptons de rompre la poche des eaux. Nous voyons cela comme une carte supplémentaire à jouer avant la pose de l’ocytocine. À 7h30, j’accepte la pose de l’ocytocine, nous en sommes rendus là…J’insiste pour sortir marcher dans le couloir, mais les restrictions liées au COVID-19 font que c’est impossible. Nous finissons par trouver d’autres moyens de rester mobilisés pour favoriser le début du travail tout en favorisant l’hormone de l’amour, l’ocytocine : faire du ballon, marcher un million de fois le tour de la petite chambre, se suspendre, faire la jasette, danser en amoureux sur de la bonne musique!


À 19h15, nous avons atteint le pic d’ocytocine en soluté, mais mon corps ne réagit juste pas… Bébé, mon corps et moi ne sommes pas vraiment mûrs à ce stade-ci de la grossesse pour déjà donner naissance visiblement. Après une discussion en petit comité avec les infirmières et la gynécologue de garde, nous faisons une pause pour retirer l’ocytocine et nous reposer un peu. À 21h35, la perfusion d’ocytocine est relancée.


Le lundi 12 octobre, après avoir beaucoup pleuré au téléphone avec ma sage-femme(merci le lâcher-prise!), je rentre en phase de travail actif vers 1h du matin, sans véritablement m’en rendre compte. La question de la péridurale est balayée d’un revers de la main, je veux tout vivre, tout ressentir, de tout mon être. Nous arrivons à nous créer une bulle de calme, de silence, de confiance aussi avec l’infirmière qui nous accompagne cette nuit-là et qui respecte notre choix de chuchoter, de s’adresser seulement à mon conjoint pour me laisser dans ma bulle, de ne pas parler ni en heure, ni en centimètre mais surtout de nous laisser seuls tant que possible.


Nous sommes tellement dans notre bulle que nous oublions d’aviser notre super sage-femme!Avec une musique en toile de fond choisie au hasard sur le coup (Midnight on the Ramparts de Mick Harvey), je me plonge assez facilement et rapidement dans un état d’auto-hypnose, j’accueille chaque contraction en émettant un « râle ». Mon conjoint s’applique à appuyer sur les points de pression de toutes ses forces successivement sur les mains, les pieds ou le bas du dos. Je me concentre sur ce que je ressens, une seconde à la fois. Je ne pense ni à avant, ni à ce qui s’en vient après, je pense uniquement à cette vague. Quand elle est passée, je l’oublie, je me concentre sur ce doux état de repos, j’arrive même à m’endormir quelques secondes
entre chaque. Quand la vague arrive, les premières secondes je l’apprécie, parce qu’elle est douce, je sais que le pic ne va durer que quelques secondes. Je ne dois pas lutter, seulement me détendre, l’accueillir et l’accompagner.
Je me force à rester mobilisée pour accompagner mon bébé, je lui parle, je peux à plusieurs occasions aller m’allonger dans le bain d’eau chaude (le bonheur !), je me suspend, je marche (du mieux que je peux au travers des tremblements), je vomis (ce n’est pas agréable mais tellement bon signe!) et puis enfin je ressens cette irrésistible envie de pousser, quelle joie indescriptible, il est 6h du matin. Le chemin n’est pas fini mais je sais que l’on se rapproche de la naissance ! Je continue de bouger, jusqu’au point où je veux juste m’allonger du côté gauche pour pousser car je sens qu’il arrive.


C’est à 7h43, au petit lever du soleil, dans un calme absolu, que notre petit garçon est né. Je me souviens des premiers mots que je lui ai chuchotés, doucement et tendrement : Bon matin mon bébé d’amour…
J’étais 100% heureuse mais aussi 0% consciente de ce qu’il venait de se passer! Ça y est, je venais de mettre au monde notre bébé, je le tenais contre moi, quel bonheur immense.


N’oublie pas : chaque parcours est unique et chaque histoire de naissance est précieuse. Sois confiante et souviens-toi que tu as en toi la force nécessaire pour accueillir ce moment avec sérénité et puissance.

-Dominique, accompagnante à la naissance-

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