La fin de la grossesse est souvent marquée par un mélange d’anticipation, d’excitation et parfois d’angoisse. Beaucoup de futures mamans se concentrent sur la manière de provoquer leurs contractions, croyant que le contrôle de ce processus naturel peut faciliter leur accouchement. Pourtant, cette focalisation excessive peut engendrer du stress, ce qui, paradoxalement, peut bloquer la libération d’ocytocine, l’hormone essentielle qui favorise les contractions. C’est un cercle vicieux qui peut retarder l’arrivée tant attendue du bébé.
Lâcher prise, c’est apprendre à faire confiance à votre corps et à votre bébé. Chaque grossesse et chaque accouchement sont uniques. En adoptant une approche plus douce et en vous permettant de vous détendre, vous ouvrez la porte à la magie du moment. Prendre le temps de respirer, de méditer ou de simplement se promener peut transformer votre état d’esprit. La clé réside dans l’acceptation et la confiance.
Un récit inspirant
Permettez-moi de partager un récit inspirant qui illustre parfaitement cette notion de lâcher prise.
Oh que tu as été attendue ma Mila d’amour, après plusieurs jours de fausses contractions, de nuits passées dans le bain à se demander si le travail commençait réellement. La fameuse date de déclenchement a été annoncée, c’est avec un processus de lâcher prise, que j’ai accepté que ce moment n’allait pas être comme je l’avais imaginé.
Par contre, tu en as décidé autrement. C’est durant ce même jour de lâcher prise, que les contractions plus régulières et plus intenses ont commencées à se faire sentir. Tu étais finalement prête. Je m’en rappelle comme si c’était hier, j’étais avec ton papa et ta sœur, en train de préparer le souper. En restant active, le travail se faisait de plus en plus sentir, je devais respirer chaque contraction et chaque intensité qui s’installait tranquillement.
Ohh… le petit moment d’excitation, l’espoir que le grand jour est arrivé… J’étais si contente ! J’étais prête à t’accueillir et j’avais confiance en nous, en mon corps et en moi. Après un moment dans le bain, à écouter une méditation visualisant ton arrivée, je suis allée me reposer dans le lit. Ça y est… ce sera ce soir… cette nuit…
Il est venu le temps de souhaiter bonne nuit à ta grande sœur, oufff. Elle le savait, de par son regard qui voulait tout dire, un de ces regards qui transperce l’âme. Ce fameux passage, où mon premier bébé, devient soudainement si grande. Où la dynamique se transformera pour t’accueillir mon amour. Par nos larmes, enlacées l’une dans l’autre, nous étions prêtes ❤️.
Après un moment collé avec ton papa, à faire le plein d’ocytocine dans le confort de notre maison, nous avons quitté pour l’hôpital. Le début de la nuit déjà bien installée, en quittant notre petite bulle, les contractions devenaient de moins en moins régulières. J’avais confiance, qu’en recréant cette même petite bulle arrivée là-bas, que les vagues reprendront bel et bien.
En arrivant, j’ai remis mon plan de naissance. L’équipe soignante connaissait déjà mes désirs : accoucher naturellement, sans intervention médicale. Calmement, nous avons pu se diriger vers le bain, afin de laisser aller mon corps, qui sait accoucher, faire son bout de chemin.
Lumière tamisée… chaleur… musique… ton papa qui me tient la main… je savais que c’était le commencement d’une des plus belles choses; notre rencontre.
Après 2 heures, à vivre les vagues, je ressens le besoin de bouger, de changer de position. C’est mon corps qui me le dicte, j’ai seulement besoin de l’écouter.
Dans notre chambre, nous étions préparés à créer un environnement comme je le souhaitais. Une bulle, qui me permettait d’être connectée à mon corps et à toi mon bébé. Lumière tamisée… photos de la première fois que j’ai donné la vie… affirmations positives… mes vêtements à moi… une couverture… de l’huile essentielle…
C’est en faisant équipe avec ton papa, m’aidant à utiliser les techniques de gestion de la douleur, en faisait mes respirations, en utilisant le mouvement et la gravité et surtout, en faisant équipe avec toi mon bébé, que le chemin vers notre rencontre s’est fait. En intensité tout comme en douceur.
C’est en seulement 2 heures, que mon corps a passé de 6 cm jusqu’au moment de la poussée. Oh que oui, je l’ai vécu, ce fameux moment de désespoir… mais oh combien satisfaisant de s’en rendre compte… car, tout indiquait que notre rencontre arrivait. Le corps est si bien fait… j’avais maintenant le besoin de me reposer… c’est entre l’intensité des vagues, que je pouvais somnoler, à l’aide de la chaleur déposée sur le bas de mon dos. Le tout dans le but de reprendre des forces pour la fin… les poussées, si puissantes et tout à fait instinctives. Mon corps sait, mon bébé sait.
Après discussion avec l’équipe, comme j’étais à 9 cm et que la poche des eaux ne s’était pas crevée, nous avons décidé de la percer. J’ai demandé un dernier moment de calme, le temps d’amasser tout mon courage. C’est finalement en peu de temps, que l’adrénaline de vivre ce moment devenait de plus en plus présente ! Une fois la poche crevée, immédiatement, les poussées se sont fait sentir. M’installant sur le côté et après 20 minutes, tu étais sur moi.
Soulagement, fierté, reconnaissance et surtout beaucoup d’amour.
Ta naissance a été si rapide, que tu as dû avoir un peu d’assistance dans tes premières minutes de vie, mais j’avais confiance. Ton papa était avec toi et les affirmations positives continuaient à faire leur bout de chemin en raisonnant dans ma tête.
En résumé…
Lâcher prise en fin de grossesse n’est pas seulement un mantra, c’est une véritable invitation à se reconnecter avec soi-même et à faire confiance au processus naturel de l’accouchement. En apprenant à relâcher la pression, vous créez un espace où la magie de la naissance peut se produire. Chaque femme mérite de vivre cet instant unique avec confiance et sérénité. Alors, respirez, faites confiance à votre corps et laissez la magie opérer.
Avec bienveillance, Dominique -Accompagnante à la naissance-
